✊ « ARRÊTONS DE PAYER POUR DES VUES QU’ON NE VERRA PAS! »

 

On a mis le petit doigt, et maintenant les organes sont touchés.

Arrêtons de payer sans cesse pour des vues qu’on ne verra jamais.

par Patrick Fiaques alias Pat d’F

 

Quand j’ai commencé à mettre mes chansons en ligne, c’était il y a quelques années, sur Myspace — pour les plus jeunes, c’était notre YouTube à nous.

J’étais heureux. Heureux de pouvoir partager ma musique avec des amis d’ici et d’ailleurs, heureux de me dire qu’un simple clic pouvait faire voyager mes sons de l’autre côté du monde.

C’était une révolution. Une liberté.

Je pouvais enfin exister artistiquement, évoluer à mon rythme, sans courir derrière les producteurs, les majors ou les gens qui n’ont rien à voir avec la musique.

 

Puis sont arrivés d’autres réseaux. Et un jour, la galère a commencé.

J’ai eu le malheur de mettre quelques euros sur une de mes sorties, et du jour au lendemain, je suis devenu une vache à lait.

On parle d’un business mafieux qui ne dit pas son nom.

Aujourd’hui, tout tourne autour du nombre de vues. Pas du contenu.

C’est une réalité virtuelle : on sait très bien que, la plupart du temps, personne n’écoute vraiment votre travail, même après avoir investi des centaines d’euros. Et si vous avez le malheur d’arrêter de payer, l’algorithme fait en sorte que vous n’existez plus… ou presque plus.

 

Et le pire, c’est que le système s’est construit là-dessus :

on programme des artistes en fonction de leurs vues,

on s’étonne qu’il n’y ait personne dans les salles,

et les tourneurs demandent toujours plus cher, en se basant sur une notoriété fabriquée de toutes pièces.

Des sommes énormes partent en publicité, juste pour exister dans l’algorithme.

 

La culture se meurt à petit feu.

Les festivals sont à bout de nerfs.

Les petites salles et les cafés-concerts ferment par milliers.

Rien n’est encadré, tout est payant, tout est verrouillé.

On vit dans un monde de plus en plus cher, et la culture n’y échappe pas.

 

Mais s’il y a bien une chose qu’on peut encore faire, à notre niveau,

c’est refuser de payer pour des vues qu’on ne verra pas.

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“Let’s Stop Paying for Views We’ll Never See”

by Patrick Fiaques - Pat d’F

 

We gave them a finger, and now the whole hand, the whole body is infected.

Let’s stop paying endlessly for views we’ll never see.

 

When I first started putting my songs online, it was years ago, on Myspace for the younger ones, that was our YouTube back then.

I was thrilled. Thrilled that I could share my music with friends from here and across the world.

Thrilled that a simple upload could make my sound travel across oceans.

It was a revolution. A feeling of freedom.

For once, I could exist artistically, evolve at my own pace, alongside other artists without chasing producers, record labels, or people who had nothing to do with real music.

 

Then came other platforms. And one day, the struggle began.

I made the mistake of spending a few euros to promote one of my releases, and overnight, I became a cash cow.

We’re talking about a mafia-like business that doesn’t say its name.

 

It’s a virtual reality: most of the time, nobody really pays attention to your work, even after you’ve invested hundreds of euros. And if you happen to stop paying, the algorithm makes sure you practically… cease to exist.

 

And the worst part? The whole system now runs on that illusion.

Artists get booked based on their view counts,

people wonder why venues are empty,

and booking agents demand higher fees, relying on so-called online fame.

Huge amounts of money go into ads, just to exist in the algorithm.

 

Culture is slowly dying.

Music festivals are exhausted.

Small venues and cafés are closing by the thousands.

Nothing is regulated. Everything costs something.

We live in an increasingly expensive world, and culture is no exception.

 

But there’s still one thing we can do — at our level:

stop paying for views we’ll never see.